L'atelier du Bouet: lutherie guitares.

D'où viennent mes bois...

La première chose que l'on a besoin quand on décide de fabriquer une guitare, c'est : DU BOIS. Il est si crucial d'avoir des bois de qualité que Frank Cheval a dit dans un livre sur les luthiers d'en France : « la réserve de bois d'un luthier c'est comme la cave d'un sommelier ».

J'ai commencé à stocker du bois en 89, quand je suis arrivé dans le Sud Ouest. A l'époque je fabriquais des guitares uniquement pour jouer, pas encore pour me faire une collection. Je faisais surtout de l'ébénisterie : rénovation et fabrication de meuble. Pour cela il me fallait beaucoup plus de bois que pour la lutherie. Mais chaque fois que j'achetais ou que je trouvais un arbre, en faisant mes débits il y avait toujours un œil branché sur  les planches sur quartier et pour peu qu'elles aient des ondes, de la maille, de la ronce ou de la loupe elles était détournée pour la lutherie.

Aujourd'hui j'ai plusieurs lieux de stockage, un premier auvent qui est aux grands vents mais à l'abri de la pluie, pour le gros, le lourd. Un deuxième dans un grand grenier pour les pré-débits qui ont besoin de sécher lentement, sans heurt, sans changement brutal de température, d'hygrométrie. Enfin un troisième dans un petit grenier sans UV avec une ventilation spécifique qui pompe un gaz spécial (je n'en dirai pas plus là dessus, car j'ai mes petits secrets). Dans ce dernier lieu il n'y a que mes tables d'harmonie et mes fonds éclisses.

En stock, en bois de pays j'ai du frêne de 13 ans de séchage, du hêtre de 7 ans, du noyer de 9 ans, du cerisier de 5 ans, du peuplier (dont une partie est en loupe) de plus 30 ans, et enfin, de l'érable, un arbre de 95 et un autre plus récent, d'octobre 2007.  Ceux-sont des arbres que j'ai abattus ou des stocks récupérés à droite à gauche.

En bois exotiques, je suis tributaire des négociants. Là encore j'ai de la chance car si vous achetez des touches en ébène chez Kauffer, c'est quasiment certain que ce soit un fût qui vienne de chez Faber à Castelculier près d'agen. Faber livre toute l'Europe. Si vous passez près d'Agen et que vous aimez les bois précieux, rendez-lui visite, c'est la caverne d'Ali Baba. Pour ma part, quand je rentre dans ses hangars, je peux y rester des heures à fouiller et remuer les planches, j'ai les mirettes en ébullition. J'ai donc du macassar, de l'ébène, du palissandre d'Amérique du Sud (Bolivie, Brésil), du sipo (acajou bâtard d'Afrique, mais excellent bois pour les folks). Dans la mesure du possible, je préfère faire mes débits chez moi : tout sur quartier, bien sure ! j'ai une scie à ruban dont les volants font 900mm de diamètre, les troncs sont pas fières !

Pour ce qui est des tables d'harmonie, je n'achète que les pièces uniques de chez Madinter en épicéa allemand ou engelman. Pour le red cédar, je fais les négociants et je choisis les pièces (normalement réservée à la construction d'habitation) bien sur quartier ayant 3 cernes au millimètre.

Ce stock de bois que je me suis constitué depuis des années me permet aujourd'hui de me fabriquer des guitares de qualité et d'incrémenter ma collection d'instruments, je n'ai pas peur de le dire : unique au monde. J'achète le moins possible chez les fournisseurs traditionnels de bois de lutherie.

 

 

 

 



Article ajouté le 2008-05-13 , consulté 39 fois

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